Daltonisme, DMLA, cécité… Près de 2 millions de Français seraient atteintes de troubles visuels plus ou moins graves, dont plus de 60 000 complètement aveugles*. Autant d’internautes potentiels désireux d’accéder aux richesses du web en toute autonomie. Comment rendre accessible aux mal-voyants un media aussi visuel qu’internet ? Tour d’horizon des modalités d’usage du web par les déficients visuels.

Zoom et amplificateur de contrastes

Accès universel AppleOptions d'accessibilité WindowsLes systèmes d’exploitation Windows et Mac sont nativement dotés d’options d’accessibilité. Elles permettent notamment de personnaliser l’affichage de l’interface :

  • Agrandissement du texte
  • Réglage des contrastes

Plus que de simples gadgets, la présence de ces paramètres par défaut témoignent de la volonté des constructeurs de ne pas négliger les utilisateurs mal-voyants.

Mémorisation du clavier

Pour les personnes atteintes de cécité totale, la souris n’est d’aucune utilité. Le clavier devient le principal instrument de navigation. Pour diminuer la charge mentale, certains  constructeurs ont adapté le clavier classique en clavier braille à 6 touches. Pour les aveugles habitués au clavier AZERTY ou QWERTY traditionnel, des repères en relief sont placés sur certaines touches dans afin d’accéder plus vite aux touches stratégiques (entrée, barre d’espace, etc…).
Dans cette video, un aveugle explique comment il utilise la synthèse vocale pour naviguer sur internet.

Restitution auditive par synthèse vocale

Jaws, synthèse vocale Freedom ScientificLes outils de synthèse vocale (aussi appelés text to speech) transforment les textes affichés sur écran en sons prononcés par une voix artificielle. Des solutions coûteuses (environ 1 500 €) qui demandent un effort d’attention très soutenu car les voix robotisées sont souvent désagréables. De plus, la prise en main s’avère assez ardue du fait de la diversité des raccourcis clavier. Parmi les références du marché :

  • Jaws, édité par Freedom Scientific et Microsoft (le plus utilisé par les non-voyants)
  • Windows-Eyes, édité par GW Micro
  • VoiceOver, la synthèse vocale intégrée d’Apple utilisée par le groupe Radiohead dans la chanson Fitter Happier
  • Narrator, la synthèse vocale intégrée à Windows depuis 2000
  • NonVisual Desktop Access (NVDA) , un lecteur vocal gratuit et open source
  • Web Anywhere, le lecteur vocal en ligne et gratuit de l’université de Washington

Retranscription tactile du texte sur plage Braille

Couplée à un lecteur d’écran (ou screen reader), la plage braille permet aux internautes aveugles de percevoir du bout des doigts le contenu d’un écran d’ordinateur. Ce dispositif très cher (plus de 5000€) retranscrit à l’aide de picots rétractables entre 40 et 80 caractères par ligne.

Démonstration de l’utilisation d’une tablette Braille par une personne aveugle

Navigateurs en mode texte

Les navigateurs en mode texte tels que Lynx ou encore BrailleSurf ignorent images et animations. S’ils sont de moins en moins utilisés par les non-voyants, ils permettent aux webmasters de comprendre comment un aveugle perçoit un site internet.  En effet, ces navigateurs montrent les pages telles que lues par les synthèses vocales ou les robots de moteurs de recherche (Google préconise d’ailleurs d’utiliser Lynx pour optimiser son référencement naturel). Pratique pour faire des tests d’accessibilité en phase de conception d’un site web !

Simulateurs de déficiences visuelles

Pour un aperçu des difficultés rencontrées par les mal-voyants, des applications simulent la vue d’un internaute myope, daltonien ou encore souffrant de DMLA :

Liens utiles

Centre d’Évaluation et de Recherche sur les Technologies pour les Aveugles et les Malvoyants
http://www.certam-avh.com

Source : Webaccesibilite.fr

Passez le mot !
  • Twitter
  • Facebook
  • email
  • PDF
  • RSS

Pub imprimante HP

Publié le 13 juillet 2010 par AuRéLiE dans Publicité

Parce qu’il n’y a pas que les rapports de webanalytics dans la vie…

Merci Koupaing’

Passez le mot !
  • Twitter
  • Facebook
  • email
  • PDF
  • RSS

Créée en 1996, la Web Accessibility Initiative (WAI) est un groupe de travail du W3C dédié à l’accessibilité des sites internet pour tous.

Missions de la WAI

  • Etablir les normes techniques facilitant l’accès des personnes handicapées et des seniors aux contenus web
  • Vérifier que les technologies web soient accessibles aux internautes ayant une déficience
  • Formuler des recommandations pour les contenus web, les agents utilisateurs (navigateurs web, outils d’assistance) et les logiciels de conception
  • Faciliter l’audit et la mise en conformité aux normes d’accessibilité
  • Mener des formations et de travaux de recherche en accessibilité
  • Prospecter les techniques émergentes d’accessibilité via la R&D

La WAI réunit plus de 500 membres à travers le monde dont des représentants :

  • des personnes handicapées
  • de l’industrie
  • du monde de la recherche
  • de gouvernements

Les directives de la WAI en matière d’accessibilité web

En 1999, la WAI publie la première version des Web Content Accessibility Guidelines (WCAG 1.0), une liste de recommandations et pour concevoir des sites web accessibles. Une mise à jour a été faite en juin 2009 (WCAG 2.0). Véritable référence à l’international, les WCAG attribuent 3 niveaux de conformité :

Les niveaux d’accessibilité WCAG 2.0
Niveau Objectif Faisabilité Exemple
A Atteindre un niveau d’accessibilité minimum. Critères de succès essentiels pouvant raisonnablement s’appliquer à l’ensemble des ressources Web. La couleur n’est pas l’unique moyen visuel de véhiculer l’information.
AA Perfectionnez le niveau d’Accessibilité Critères de succès supplémentaires pouvant raisonnablement s’appliquer à l’ensemble des ressources Web. Les textes de petite taille ont un ratio de contraste au moins identique à 5
AAA Atteindre un niveau supérieur d’accessibilité. Critères de succès ne s’appliquant pas à l’ensemble des ressources Web. Les textes de petite taille ont un ratio de contraste au moins identique à 7

Traductions françaises officielles :

Les autres skribiouzeries sur l’accessibilité web

Passez le mot !
  • Twitter
  • Facebook
  • email
  • PDF
  • RSS

Presque 20 ans se sont écoulés entre les débuts de l’accessibilité web et l’obligation légale pour les sites publics français de se conformer aux normes internationales du W3C. Combien de temps d’ici à la prise en compte systématique des internautes handicapés sur tous les sites internet (e-commerce, presse, paris en ligne…) ?

Histoire de l'accessibilité web

Crédit photo : agence Neoma Interactive

Cette chronologie retrace l’histoire de l’accessibilité  et des standards du web de 1991 à nos jours. Elle montre comment ingénieurs, organismes de régulation, associations, entreprises privées spécialisées et gouvernements coopèrent pour construire et formaliser peu à peu l’e-accessibilité.

Vous voyez une date clé à ajouter ? Partagez-la en commentaire !

Les années 90’ : naissance d’Internet… donc de l’accessibilité web

2000-2005 : vers une banalisation de l’accessibilité web ?

  • Début 2000 : le WC3 impose et réglemente le langage XHTML
  • Octobre 2000 : vers des sites internet des services d’Etat accessibles
  • Novembre 2000, Australie : les JO de Sydney paient 20 000 $ de dommages et intérêts à un internaute aveugle pour site non accessible
  • 2001-2004 : tentatives de généralisation des normes WAI à l’échelle européenne
  • Janvier 2004 : rapport Perben sur l’accessibilté web et propositions de réforme
  • 2004 : sortie du Référentiel d’Accessibilité ADAE de BrailleNet/AcessiWeb

2005-2009 : une mise en application laborieuse

  • Février 2005, France : loi sur l’égalité des chances impose l’accessibilité des sites web publics
  • Juin 2005 : appel à contribution de la WAI pour la v2 des WCAG
  • Septembre 2006 : création du cadre normatif WAI-ARIA
  • 2007, USA : l’AFB lance The HelenTM Project, un validateur collaboratif
  • Octobre 2007 : Handicap Zéro édite un annuaire des sites accessibles
  • Octobre 2007 (bis) : publication du RGAA
  • Mai 2008 : petition pour accélérer la publication du décret sur accessibilité
  • Décembre 2008: sortie du référentiel AccessiWeb 1.1
  • Mars 2009 : AccessiWeb publie un document sur l’accessibilité des PDF
  • Mai 2009 : (houra) publication du décret d’application sur l’accessibilité web
  • Juillet 2009 : sortie du Référentiel AccessiWeb CMS 1.0 de BrailleNet
  • Décembre 2009 : Mise à jour du référentiel AccessiWeb (version 2.0)

Les années 2010 : à suivre…

Sources : Ideose et Neoma Interactive

Les autres skribiouzeries sur l’accessibilité web

Passez le mot !
  • Twitter
  • Facebook
  • email
  • PDF
  • RSS

Tim Berners Lee au Gov 2.0 2010

L’inventeur du web

L’ingénieur britannique Tim Berners-Lee est à l’origine de l’infrastructure fondamentale d’Internet : le fameux www. Il met également au point le HTML, code de base pour concevoir des pages web et naviguer de l’une à l’autre via des liens hypertextes. Jusqu’à 1997, les premières versions d’HTML ne sont pas adaptées aux outils d’assistance tels que les lecteurs d’écran, les synthèses vocales ou les plages Braille  permettant aux non-voyants d’utiliser des ordinateurs.

Et Tim créa le W3C

Face à l’essor fulgurant du web, la normalisation des technologies s’impose. Tim Berners-Lee  dirige le World Wild Web Consortium (W3C), organisme international de régulation qu’il a crée en 1994. Sa vocation  : instaurer les standards du web, notamment en matière d’accessibilité avec le WAI.

Anobli par la reine Elizabeth II en 2004 et membre depuis 2009 de l’Académie des Sciences des Etats-Unis, Sir Tim Berners-Lee oeuvre aussi pour le gouvernement britannique. En janvier 2010, il lance data.gov.uk, un site gouvernemental mettant des données du secteur public anglais à la disposition de tous les internautes.

En mai dernier à l’occasion du Gov 2.0 Expo 2010 à Washington, celui que l’on surnomme le père d’Internet illustrait l’évolution du web sémantique avec un paquet de chips : un bel exemple de storytelling !

Quelques citations édifiantes de Tim Berners-Lee

« The power of the Web is in its universality. Access by everyone regardless of disability is an essential aspect ».

Traduction :

« Le pouvoir du Web est son universalité. Qu’il soit accessible par n’importe qui quel que soit son handicap est un de ses aspects essentiels. »

Voir aussi la biographie détaillée de Tim Berners-Lee (en anglais)

Les autres skribiouzeries sur l’accessibilité web

Passez le mot !
  • Twitter
  • Facebook
  • email
  • PDF
  • RSS

sKriBiOuz’R sur les réseaux sociaux

Aurélie Bernard sur Twitter = @SKBZRAurélie Bernard sur FacebookCV d'Aurélie Bernard

Explorez sKriBiOuz'R